Crédit : @clem.brsd – Instagram

Major de promotion du Master journalisme de sport 2017-2018 à l’Institut Européen de Journalisme, Clément Brossard aime les défis. Après avoir été animateur de programmes de radio du côté d’Angers entre 2015 et 2017, pigiste dans le groupe BeIN MEDIA et le groupe RMC Sport, il est aujourd’hui correspondant sur la Côte d’Azur, où il suit plus particulièrement l’OGC Nice et l’AS Monaco pour RMC. Il est le 2e invité de notre rubrique consacrée aux journalistes sportifs. Clément Brossard a accepté de répondre aux questions de Sans Filtre, voici son interview :

S.F : Est-ce que vous pouvez nous présenter brièvement votre parcours ?
C.M : Après le Bac j’ai obtenu une licence d’histoire à l’Université du Maine puis je suis parti à Angers où j’ai décroché une licence d’information-communication. C’est après ces 6 ans que j’ai rejoint Paris et l’Institut Européen du Journalisme pour quelques mois de Master. J’ai réussi à terminer Major de promotion, cela a débouché sur un stage chez RMC SPORT puis des piges pendant deux ans et depuis cet été, j’occupe le poste de correspondant en Côte d’Azur.
Depuis jeune c’était votre vocation de devenir journaliste ?
Jeune déjà je n’allais pas à l’école sans avoir lu le Ouest-France au petit déjeuner, certainement pour copier mon père au début puis c’est devenu une habitude. Je me levais plus tôt pour lire, j’aimais les histoires qui se racontaient, être au courant de l’actu. Je bouffais les pages sports. J’ai toujours adoré écrire aussi, en fac d’histoire, j’étais servi pour ça…  Le métier de professeur des écoles m’attirait également. C’est dans ce domaine que j’ai fait mon premier stage d’observation, dans une classe de CM2. Puis une fois lycéen, j’ai eu de premières expériences dans la presse, et je ne voyais que par ça. C’était journaliste ou rien.
Commencer dans de la presse régionale, ça forge vraiment les connaissances et le savoir-faire ? Y compris dans le journalisme sportif ?
La clé c’est les stages, suivre les professionnels, comprendre les rouages d’une rédaction. C’est aussi les associations qui, je trouve, ne sont pas reconnues à leur juste valeur. Le goût de la radio je l’ai eu jeune quand RMC nous accompagnait sur la route des vacances en famille mais il s’est décuplé lorsque je suis entré chez Radio Campus Angers. C’est dans ces structures que tu apprends énormément. On te met les clés en main et on te dit allez, teste-toi maintenant, essaye des choses, prend des risques. On a réussi à remonter une belle émission hebdomadaire avec des amis. Une émission de sport avec laquelle j’ai énormément appris. Après le sport ou pas… Tu n’es pas uniquement journaliste de sport, tu es journaliste avant tout, ça se voit encore plus en pleine crise sanitaire ou certains de la rédaction des sports ont dû renforcer d’autres services.
Comment vous est venu la passion du journalisme sportif ?
J’ai très vite été passionné de sport. Mon père est un grand amateur de football, mon grand frère jouait au foot, mon petit frère jonglait entre ses entraînements de tennis et de foot et moi même j’ai pris ma première licence dès que possible et je voulais vivre de ma passion. J’ai jamais songé être professionnel, bien loin de là. Mon père nous emmenait au stade Léon Bollée au Mans pour les matchs du MUC72. En 2003, j’avais 10 ans. Après un match nul face à Amiens, Le Mans accède pour la première fois de son histoire à la Ligue 1. Au lieu de m’attarder sur la joie du terrain j’ai vite tourné mon regard vers la tribune de presse. Il y avait de l’excitation, des flashs des caméras, des mecs debout c’est là que je voulais être. Je pense que j’ai vraiment voulu devenir journaliste de sport à ce moment précis.

Jeune déjà je n'allais pas à l'école sans avoir lu le Ouest-France au petit déjeuner, certainement pour copier mon père au début puis c'est devenu une habitude. Je me levais plus tôt pour lire, j'aimais les histoires qui se racontaient, être au courant de l'actu.

Votre club préféré en foot ? Le joueur actuel préféré ?
Depuis petit je suis derrière l’OM. J’avais des posters de Meïté, Beye, Drogba, Ribéry dans ma chambre. Mon grand frère supporte le PSG, les matchs de Classique étaient redoutés par ma mère. Ensuite, il y a la Juventus. Quand j’ai commencé à jouer au foot, Zidane y rayonnait. Sans parler des Davids, Del Piero, Pippo, Zambrotta… Côté coeur, Le Mans, évidemment. Mes joueurs préférés étaient Pirlo et Totti, le magicien et le fidèle capitaine. Aujourd’hui si je ne peux que saluer le génie de Messi, Ronaldo, Neymar ou Mbappé je n’ai pas vraiment de joueur préféré, peut être parce qu’avec le métier tu prends un peu de recul.
Le joueur le plus cool que vous avez rencontré ?
J’ai eu de bons échanges avec Benjamin Nivet qui est un super type, j’ai gardé de bonnes relations avec Issa Cissokho également. Après, des joueurs cools, il y en a beaucoup. Pour avoir eu la chance de bosser avec eux, Jérôme Rothen ou Rolland Courbis sont de super mecs.
Le travail de correspondant pour une chaîne de sport c’est comment ?
C’est prenant, ça n’a rien à voir avec le travail en agence à Paris. Tu dois te construire un réseau avec le ou les clubs que tu dois suivre, t’organiser en totale autonomie, intervenir dans les shows pour parler de l’actualité de tes clubs et remonter les infos recueillis sur le terrain. J’ai découvert ça il y a 2 semaines donc j’ai encore beaucoup à apprendre et découvrir. Tu vas aux conférences, aux entrainements des clubs. Tu commentes le week-end ou en semaine si Coupe d’Europe il y a… tu passes aussi beaucoup de temps au téléphone.
Quand on travaille pour RMC Sport en tant que journaliste sportif, c’est plus facile pour interviewer des joueurs, être plus proche d’eux ?
Plus facile je ne sais pas, je ne pense pas. C’est sûr que pour les demandes d’entretiens tu as plus de chances de les obtenir quand tu as l’étiquette RMC. C’est un média de référence. Concernant la proximité avec les joueurs je n’en suis pas certain. Quand j’étais chez Radio Campus Angers j’avais de super rapports avec le manager Olivier Pickeu et quelques joueurs de l’effectif et pourtant on était loin d’être une radio nationale. Quand tu suis un club en permanence là oui tu as plus de proximité c’est une évidence. Même si la crise sanitaire limite énormément cet aspect du métier. À mes grands regrets.
Paul LALEVEE