Grand espoir du cyclisme français, au même titre que les coureurs de sa génération Pierre Latour, Valentin Madouas ou David Gaudu, Elie Gesbert a vécu une première moitié d’année 2020 compliquée. Bien entendu touché comme tout le monde par les mesures prises contre la pandémie de coronavirus, le coureur de l’équipe Arkea-Samsic a souffert dès sa deuxième course de la saison d’une fracture de la rotule à la suite d’une chute. Opéré dans la foulée, il espérait reprendre la route d’ici la fin de saison, mais le costarmoricain a du retourner il y a peu sur la table car sa blessure n’avait pas totalement cicatrisé. Ce sera donc une saison blanche pour le 4e du Tour de l’Ain ou 5e du Tour d’Oman en 2019, qui se tourne dès maintenant vers 2021. Elie Gesbert revient avec nous sur ces derniers mois, la nouvelle ère pour sa formation Arkea-Samsic, et ses futures ambitions. (Crédit photo : Arkéa-Samsic)

” Élie, tout d’abord, comment avez-vous vécu ces derniers mois difficiles physiquement et moralement ?

Une chute, une fracture, être opéré ne sont jamais de bons moments passés que l’on soit sportif de haut-niveau ou une personne lambda. J’étais parti pour essayer de réaliser une belle saison, mais une carrière est faite d’aléas, et les chutes en font partie. Je sais en tout cas que l’équipe Arkéa-Samsic a toujours été présente pour me soutenir, et mettre en place les meilleurs dispositifs autour de moi. J’ai la confiance de toute mon équipe et d’ailleurs cela s’est manifesté par une reconduction de deux ans de mon contrat, et pour cela, je tiens à remercier, Emmanuel Hubert, Manager Général de l’équipe Arkéa-Samsic.

L’équipe Arkéa-Samsic a vécu une transformation à l’intersaison, avec notamment les arrivées de Nairo Quintana et Nacer Bouhanni. Avez-vous ressenti un changement ?

Oui. Forcément ! Nacer est un sprinter qui compte parmi les meilleurs de sa catégorie de coureurs. Il compte soixante-sept victoires chez les pros, c’est le sprinter français contemporain encore en activité qui compte le plus de succès. Ce n’est pas neutre. Nairo, lui, compte des podiums sur le Tour de France, trois, et a gagné le Tour d’Italie et le Tour d’Espagne. C’est un grand du cyclisme international, il compte tout simplement parmi les meilleurs coureurs par étapes au monde.

Avez-eu l’occasion d’échanger, de travailler avec Nairo Quintana en début de saison ?

Oui. Je l’ai vu, Nairo est quelqu’un de simple, abordable. Nous nous sommes côtoyés lors des stages hivernaux de l’équipe Arkéa-Samsic.

On vous a vu au contact des meilleurs sur des étapes vallonnées, de montagne. Comment vous qualifiez-vous ? Quelles sont vos qualités ?

J’aime les courses au profil dur, vallonnées, sélectives. Mon registre c’est puncheur-grimpeur, mais j’aime aussi les contre-la-montre.

Vous vous êtes révélé aux yeux du grand public sur le Tour l’an passé, lors de votre échappée dans le Tourmalet. Un grand moment pour vous ?

Oui. Être devant sur une étape du Tour de France est toujours un moment privilégié, encore plus quand c’est une étape de montagne, et surtout un col mythique comme celui du Tourmalet.  Après, être devant sur une étape du Tour de France, c’est grisant bien sûr, mais la priorité reste de performer, et d’aller chercher un résultat, et si possible le succès.

Vous avez disputé trois Tour de France ? Que gardez-vous de ces mois de juillet, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Le Tour de France est la plus grande course cycliste au monde, la plus dur sans doute d’un point de vue émotionnel, de l’attente qu’il y a de la part du public auprès des coureurs. Une personne qui ne s’intéresse pas forcément à notre sport, peut regarder le Tour l’été. Le Tour c’est le Championnat du Monde de football, les Jeux Olympiques réunis… et tous les ans pour nous cyclistes professionnels.

Cyclisme, Tour de France 2019, Tourmalet, Elie GesbertL’an passé, Elie Gesbert s’était révélé au grand public par son raid solitaire dans la première moitié de l’ascension du mythique col du Tourmalet. Crédit : [ArkeaSamsic].

Comment êtes-vous venu au cyclisme ? Aviez-vous une idole ?

J’ai commencé la pratique du cyclisme via le VTT, et mon idole lorsque j’ai débuté était Julien Absalon. Je me suis mis au vélo presque par hasard, même si mon père a été un bon coureur amateur quand il était jeune. De toute manière, lorsque j’ai commencé à rouler en VTT, mon papa avait stoppé sa carrière depuis longtemps.

Vous êtes sous contrat chez Arkéa-Samsic jusqu’en 2022, quels seront vos objectifs pour les deux prochaines saisons ? Pourriez-vous jouer le classement général de courses par étapes à l’avenir ?

Oui, et je suis très content d’avoir prolongé de deux ans chez Arkéa-Samsic. Mes objectifs en 2021 seront simples : essayer de gagner des courses. Tout coureur poursuit ce but, on fait du vélo pour cela. En ce qui concerne le classement général de courses par étapes, oui, pourquoi pas celles d’une semaine, comme le Tour d’Oman, par exemple, qui m’inspire beaucoup.

Enfin, quel est votre plus grand rêve de victoire ?

Il y en a plusieurs, un Championnat de France, une étape sur le Tour de France, … »

 

Mathéo RONDEAU