Christophe Santini – Sportif aventurier

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J’ai commencé ma pratique du sport par les arts martiaux puis j’ai basculé sur des sports d’endurances, je me suis lancé dans le triathlon. Dès la première année, j’ai réalisé un triathlon sprint et de suite j’ai privilégié les longues distances sur le parcours Iron Man. J’ai effectué une vingtaine d’Iron Man à travers le monde dont deux finales du championnat du Monde en Floride.

La passion pour les sports extrêmes est venue un peu plus tard, l’élément déclencheur fut une participation au Téléthon en 2013, on m’avait demandé de pédaler sur un vélo statique le plus longtemps possible pour l’association. Finalement, j’ai pédalé pendant 24 heures. C’était à l’époque du départ du Tour de France en Corse pour le centième anniversaire de la Grande Boucle. Il est vrai que le défi était un peu fou mais le travail sur soi et le dépassement m’a plu.

J’ai enchaîné également 3 Iron Man à la suite en faisant le Tour de Corse, puis une traversée des Etats-Unis à vélo accompagné d’une équipe de 7 personnes, un kiné, un médecin… On est parti de la plage de Malibu jusqu’à New York, 5243 kilomètres en 13 jours, on avançait entre 350/400 Km par jour. Cette idée m’est venue car mon rêve était de m’inscrire à la RAAM, une course de vélo qui traverse les USA mais finalement, j’ai décidé de m’en inspirer et de faire ma propre course entouré malgré tout d’une assistance pour contrôler mais distances, on en a fait un film également.

APRÈS LA COMPÉTITION, PLACE A L’AVENTURE HUMAINE

A la suite de ce périple, je me suis lancé dans un autre défi, le record du Tour de Corse validé par la FFC (Fédération Française de Cyclisme), 640 Km en 21 h 41. Chaque année désormais, je tente des challenges « extrêmes », j’aime bien faire quelque chose que personne n’a encore réalisé. Donc, en 2018, en réfléchissant à un autre projet, je me suis intéressé à une organisation, « Racing The Planet » qui met en place des ultra-marathons de 250 Km dans le désert, tout autour du Globe. Je voulais être le premier français a enchaîné les 5 traversées du désert, Namibie, Atacama, Antarctique, Nouvelle-Zélande et Gobi sur une période de 9 mois.

Je dis souvent que j’en ai fini avec la compétition, je recherche davantage l’aventure humaine aujourd’hui, ces défis sont plus que du sport, ce sont des rencontres avec des partenaires notamment, des échanges en amont et pendant le projet. Avant, lors de mes Iron Man, c’était toujours la course à la qualification, au chrono… les entraînements étaient très intenses. À présent, j’ai 50 ans, physiquement c’est plus difficile de travailler qualitativement, j’ai plus envie de relever des défis, de faire un travail sur moi, plus personnel avec aussi une cause qui me tient à cœur greffée à tous ses défis.

L’élément déclencheur fut une participation au Téléthon en 2013, on m’avait demandé de pédaler sur un vélo statique le plus longtemps possible pour l’association. Finalement, j’ai pédalé pendant 24 heures.

Je cours depuis quelques années pour « Un sourire, un espoir pour la vie », une association dont le président est Pascal Olmeta, ancien joueur de football. En 2016, on réfléchissait à un projet, pour au-delà d’apporter un chèque à l’association, faire vivre à des personnes atteintes de handicap quelque chose qu’ils ne peuvent pas découvrir tout seul. On est donc allé voir Yves Cordier, directeur de l’Iron Man de Nice, pour proposer que l’on fasse la course avec un jeune tétraplégique de 24 ans (Kévin), c’était une première en France, on s’est inspiré d’une histoire similaire aux Etats-Unis. Après une année de préparation, on s’est engagé finalement en Juin sur l’un des Iron Man les plus durs du circuit. C’était un défi et surtout une extraordinaire aventure humaine avec beaucoup d’émotions.

LE DÉPASSEMENT DE SOI COMME DEUXIÈME NATURE

Personnellement, je m’entraîne toute l’année, je suis un bigorexique (boulimique de l’activité sportive). J’adopte des entraînements croisés comme pour le triathlon, ça me permet de varier les exercices pour éviter les blessures et ménager mes articulations. Chaque défi a ses spécificités, la préparation dure quelques mois. Physiquement, je suis toujours relativement prêt avec quelques spécialisations à faire pour se préparer aux prochains défis. Comme la prochaine avec la traversée de l’Antarctique en ski de randonnée en solitaire dans le désert de glace.

Je dois surtout m’entraîner à résister aux conditions climatiques, il faudra que je traîne derrière moi toute une embarcation avec mes équipements et mon alimentation en totale autonomie, cela fera à peu près 100 kilos. Je ne suis également pas un spécialiste de la randonnée donc je rencontre des gens qui m’apprenne les techniques pour être efficace et pour réussir également à survivre en Antarctique.

L’expédition se déroulera pendant l’été australe, il faut savoir que c’est le jour H24 à cette époque de l’année en Antarctique, ça me permettra d’être toujours calé sur l’horaire de la France et ça me permettra de ne pas affronter la nuit. C’est plus que du sport, c’est de la survie désormais donc je vais partir en formation avec un professionnel dans quelques jours pour un entraînement grandeur nature dans le Groenland. D’un point de vue sécurité, une société ALE basée en Antarctique demandant une grande expérience en autosuffisance m’accompagnera. J’aurai un téléphone satellite et une balise GPS pour donner mon état de santé bien évidemment au fil de mon parcours. Les gens pourront me suivre presqu’en direct tout au long de mon périple. On peut faire le parallèle avec une course en solitaire à la voile d’ailleurs, je vais faire une préparation avec un navigateur en avril pour apprendre les bases de la gestion de la solitude et l’aspect mental de l’expédition. Plein de techniques de sommeil sont à apprendre, je dois optimiser mon temps de sommeil car je veux tout de même avancer entre 13 et 14h par jour, l’idée est de faire un sommeil profond de 3h et des micro-siestes dans la journée.

Le corps est une machine, il s’adapte à tout, l’humain a des ressources extraordinaires, c’est aussi mon but de l’expédition, pousser à bout le corps humain sans prendre des risques insensés. Ce qui fait la différence finalement après un gros travail de préparation physique, c’est le mental, la capacité du corps a encaissé les chocs passe par le cerveau, c’est la différence entre un athlète et un champion.

LA CAUSE ÉCOLOGIQUE ET L’ACTIVITÉ PHYSIQUE COMME ENGAGEMENT

Grâce à cette aventure, je voudrais réaliser plusieurs objectifs, comme la transmission aux jeunes après mon expédition pour faire comprendre les enjeux écologiques à travers mon vécu, il faut savoir que je suis aussi cadre chez Veolia et ambassadeur de la cause écologique. Partager, notamment aux enfants dans les écoles, est aussi ma mission. Cela rejoint finalement les valeurs du sport, je participe aussi à des conférences en entreprise pour leurs faire saisir l’importance de l’équipe, lors d’une aventure sportive je dis toujours “on” car je ne suis jamais seul, une équipe est toujours derrière moi, c’est important de passer des messages essentiels.

Le sport est accessible à tout le monde, il est vrai que l’on me demande tout le temps, « comment vous-faites ? Quand je vous regarde, j’ai l’impression que c’est facile ? ». Il faut savoir que j’ai eu très jeune une maladie des poumons, je ne pouvais pas faire d’activité sportive et cela a duré des années. Grâce à une belle rencontre avec un médecin, il m’a conseillé de soigner le mal par le mal en m’obligeant à faire du sport. Ce fut difficile mais avec de la persévérance, mon état s’est amélioré lors de mon adolescence, j’avais plus besoin de tous pleins de produits, etc. C’est la preuve des bienfaits du sport. Finalement ce que je réalise aujourd’hui, ceci est juste un retour des choses. Je redonne au sport ce qu’il m’a apporté.

Cela peut paraître prétentieux mais maintenant, je veux transmettre au plus grand nombre les atouts essentiels de la pratique sportive à bien des égards, pour la santé et pour le moral. Certaines valeurs importantes au-delà du sport sont à valoriser dans notre société comme le respect de la planète, le respect de l’autre… Éduquer sur l’activité physique, sur l’alimentation surtout pour les jeunes avec le fléau de la malbouffe est nécessaire. Je dois aller dans les écoles, c’est essentiel pour moi si je fais tout cela seul, ce serait inutile. Mon message : prouver aux jeunes qu’avec de la volonté et du travail, rien n’est impossible. On peut réaliser ses rêves et faire de grandes choses à travers le sport.

CHRISTOPHE

 

Avec la participation de Jérémy Haumesser