Athlé – Célia Perron, Thomas Jordier et Aurore Fleury parlent de leur préparation

Une saison d’athlé est longue et la phase de préparation fait partie de la partie invisible de la performance. Pourtant, c’est la période la plus importante;
Une saison d'athlé est longue et la phase de préparation fait partie de la partie invisible de la performance. Pourtant, c'est la période la plus importante;
Une saison d’athlé est longue et la phase de préparation fait partie de la partie invisible de la performance. Pourtant, c’est la période la plus importante;

Une saison d’athlé est longue et la phase de préparation fait partie de la partie invisible de la performance. Pourtant, c’est la période la plus importante pour un athlète. Qui va monter en forme progressivement et loin des projecteurs de la compétition. Une préparation ratée ou tronquée remet grandement en cause les possibilités de briller sur une compétition. Aurore Fleury, spécialiste du 1500 m, Thomas Jordier, spécialiste du 400 m et Célia Perron, spécialiste des épreuves combinées, nous parlent de leur reprise depuis le début de la saison, de ce qu’ils font à l’entraînement, mais aussi de leurs objectifs cette saison.

CÉLIA PERRON – DEBARASSEE DE MES SOUCIS PHYSIQUES

J’ai repris l’entraînement vers le 15 août. Tout l’été a été gâché par une blessure, une inflammation de l’aponévrose plantaire. La saison estivale a été gâchée par des petits couacs, qui m’ont empêchée de bien m’entraîner. Je n’avais pas pu faire mon premier heptathlon à Montpellier et je n’ai pas pu aller plus loin que les France Elite et en tirant déjà sur la corde. J’ai coupé pendant un mois et demi cet été, car beaucoup de monde craignait que cette blessure s’étale sur plusieurs mois. J’ai vraiment voulu traiter à fond. Cela faisait depuis longtemps que je ne m’étais pas arrêté comme cela et cela m’a fait du bien.

Depuis ma reprise, c’est un peu du non-stop et je suis contente de ma reprise. Je n’ai pas trop perdu, par rapport à ce que je pensais. J’étais un peu inquiète à la reprise, comme à chaque fois qu’on revient d’une grosse coupure. Mon corps a eu besoin de remettre les compteurs à zéro. Le travail effectué les saisons précédentes reste ancré et cela fait plaisir, car on voit qu’on ne fait pas tout cela pour rien. La saison suivante est toujours dans la continuité de la précédente. Maintenant que je suis débarrassée de mes soucis, je peux repartir de l’avant. Et je sais qu’en rééquilibrant les choses, j’ai pu éviter un plus gros problème physique. Il faut savoir que j’avais mal même en marchant et je n’ai pas couru pendant longtemps.

MA PRIORITÉ SERA L’HEPTATHLON

Ma reprise n’est pas encore déterminée. La priorité sera l’heptathlon dans la saison estivale. Je n’ai pas pu mettre en application mes progrès sur l’heptathlon. Malheureusement, mes performances sur pentathlon ne veulent pas dire grand-chose aux yeux des listes ministérielles, car ce n’est pas une discipline olympique. Je ne peux pas “grimper” sur l’échelle. Mon plaisir est également sur l’heptathlon et je ne veux pas faire les choses à moitié. Or, j’ai vraiment eu l’impression que les choses ont été faites à moitié cet été. Je sais pourquoi je m’entraîne, pour éviter que cela se reproduise. C’est quand même important d’être là cet hiver et d’enchaîner les épreuves. Je vais faire les X-Athletics qui seront fin janvier. J’adore la salle, mais je ne veux pas me fatiguer, pour enchaîner rapidement et faire un hepta assez tôt. Sans pour autant négliger le penta, où j’aimerais améliorer mon record des France Elite.

Dans le but de faire une grosse perf, ce dont j’ai envie. Je n’ai pas encore fait de grosses performances et je n’existe pas sur les tablettes. Mon pentathlon est super, mais il me manque un truc pour entrer dans les gros meetings. Je vais regarder sur des plus petits meetings, peut-être en Italie. L’objectif est de faire plusieurs hepta cette saison et de rentrer dans le circuit des meetings. Car il y a le côté ranking à prendre en compte. Je veux pouvoir m’exprimer pleinement, car ce sont dans les meetings renommés qu’on a les meilleures conditions pour faire une grosse performance. Je me souviens avoir manqué de fraîcheur à la fin de la saison hivernale, car je n’avais pas pris de temps pour me reposer. J’étais au travail au lendemain de Torun. Si c’était à refaire, j’aurais pris une semaine de congé.

J’entre dans ma dernière année d’études, je suis motivée car j’en voit le bout. Et j’ai envie de mettre les choses en place pour enchaîner un hiver et un été de qualité

THOMAS JORDIER – ME FOCALISER SUR LA SAISON ESTIVALE

J’ai repris début septembre. On a commencé la préparation progressivement. Avec une longue période de réathlétisation pour réapprendre au corps à se remettre dans l’effort. On remet petit à petit des gammes. Puis on est passé sur des séances de foncier, avec des 500 des 300, avec des différentes allures selon les séances. Je fais également beaucoup de renforcement et pour le moment tout se passe bien. J’ai encore un peu de poids à perdre (rires). Pendant un gros mois, cette reprise a ressemblé à cela. Avant d’entrer dans un autre cycle, plus dans le développement liée à mon épreuve. On est en train d’axer la préparation. On reste sur du long, mais on commence à entrer dans le qualitatif plutôt que le quantitatif.

Par exemple, on avait une séance 6×300, 6×200 et 6×100. Après 6×250 avec 1 minute de récupération. Ce n’est pas encore de la capacité lactique, mais on commence à y rentrer doucement. On n’a pas toujours fait un tel cycle de foncier comme on l’a fait là, car on n’en avait pas forcément l’utilité. On était axé sur d’autres choses. Et on bosse différemment ce qui n’est pas plus mal. On va avoir une grosse semaine (NDLR : Interview faite le 3 novembre). On est mercredi, on est déjà tous cuits (rires).

AVEC LA SAISON EN SALLE, ON NÉGLIGE PARFOIS LE DÉBUT DE LA PRÉPA ESTIVALE

Je ne vise pas les mondiaux en salle, car cela fait trois saisons que j’enchaîne en salle et je veux reposer la machine cet hiver. Pour être fort cet été, car c’est l’été le plus important. On a les mondiaux à Eugene et les Europe à Munich (NDLR : Les mondiaux auront lieu du 15 au 24 juillet et les Europe du 15 au 21 août). Même si la saison en salle peut-être un tremplin pour la saison estivale, cela reste des impasse à faire. Quand on est focalisé sur la salle, on néglige forcément les débuts de la préparation estivale. Et pour arriver en forme. Cela fait plusieurs cycles à gérer. Faire trois pics de forme ce sera compliqué. On va axer la saison hivernale sur la vitesse, avec du 200 m. Je ne pense pas faire du 60 m. Je ferais peut-être les France sur 400 m, pour travailler la caisse. Mais il n’y aura pas de sorties sur 400 m.

AURORE FLEURY – ME QUALIFIER POUR LES EUROPE DE CROSS EN MEDLEY

J’ai repris le 15 août. Je n’ai pas coupé longtemps, environ une dizaine de jours. Si je coupe trop, la reprise est compliquée et je mets deux mois avant d’être capable de faire 80 kilomètres dans ma semaine. Je reprends par des footings, quand je veux, où je veux et à l’allure que je veux. Je ne veux pas faire trois semaines sans course à pied. Les premières séances sont dures à encaisser, même si je prends du recul désormais. J’ai vraiment l’impression de perdre très vite. Quand je reprends, je suis l’ombre de moi-même. Je ne veux plus me prendre la tête et désormais, je sais être patiente et faire le job. La priorité reste de ne pas me blesser et je préfère en faire moins que trop au début. Je reviens vite à un niveau correct et cela évite que je me “désathlétise”

Je peux garder une certaine condition physique qui me permet d’être en forme. Mais pendant les cinq ou six premières semaines, j’évite de regarder le chrono. Je cours et je fais le job, mais je ne prends pas mon pied (rires). Cela fait seulement depuis quelque temps que cela commence à ressembler à ce que je faisais cet été, même si ce n’est pas comparable. On est sur du long actuellement. On va dire qu’il me faut 8 semaines pour encaisser les séances, faire des bornes en étant sûre de mon corps.

ET LES MONDIAUX EN SALLE SUR 3000M

Cet hiver, la priorité est de me qualifier aux Europe de cross, sur le medley. Cela va passer par un tour de chauffe sur les France de cross (NDLR, qui auront lieu dimanche à Montauban) dans le relais avec mon club, en relais mixte. Le but est de passer un bon moment de cohésion, mais il y aura une belle équipe. Il faudra bien courir à la sélection où deux garçons et deux filles seront pris. On a fait une médaille en 2019 avec l’équipe de France. On va tout faire après et viser la salle. Car j’aimerais participer aux championnats du monde sur le 3000 m. Ce ne sera pas un gros voyage, c’est ce qui nous a motivé. Si je ne fais pas les minima, ce ne sera pas un drame, mais je vais me battre pour ! Je ferais sans doute un 1500 m, car c’est ce que j’aime.

Rien n’est vraiment difficile, car tout ce que je vis est vraiment top, par rapport à ce que j’ai pu espérer. Je suis une fille à challenge. Plus il y a d’objectifs, mieux j’aime. Maintenant, il faut quand même se canaliser et ne pas se disperser. On a deux priorités et on ne veut pas s’éparpiller à tout faire. D’abord le cross, puis une ou deux sorties en salle pour espérer se qualifier aux mondes. Je ne ferais pas six courses en salle, ça c’est sûr. Si je fais les championnats de France de cross en mars, c’est que je ne serais pas qualifiée pour les mondiaux. J’aime la besogne et je ne rechigne pas à aller au cross, car on a une belle équipe. Cela servirait de retournement de situation en cas d’échec.

Etienne GOURSAUD

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