Anais Chevalier – Biathlon

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Les athlètes sont souvent imperméables à toute communication avant que la compétition ne soit terminée. La rubrique « Dans la peau » permet à un sportif de partager avec vous ces moments secrets et déterminants qui forgent la réussite de leurs projets.

Alors que la saison de biathlon bat son plein, la française Anaïs Chevalier est venue se confier sur son parcours dans cette discipline si particulière. Elle évoque également sa différence en cherchant la constance plutôt que le coup d’éclat sans lendemain. (Crédit photo Une : Rossignol).

Le biathlon, une discipline que j’ai découvert par hasard. Lorsque j’étais à l’école primaire, je pratiquais principalement du ski de fond. Un jour un entraîneur de la région, qui faisait le tour des clubs de ski pour initier les jeunes au biathlon, m’a proposé d’essayer. Dès que j’ai pris la carabine entre les mains, que j’ai eu toutes les cibles, j’ai tout de suite accroché !

Ce jour-là l’entraîneur m’a dit : “toi je vais certainement te revoir plus tard”.

Et c’est évidemment ce qu’il s’est passé.

Entre le ski de fond et le tir, c’est donc le tir que je préfère ! J’aime le ski de fond, mais ce qui me plaît le plus c’est la maîtrise et la rigueur pour obtenir les 5 cibles blanches.

J’ai commencé à m’intéresser à cette discipline et aux pros qui en faisaient pour prendre exemple et m’inspirer. Le premier athlète dont je me souviens c’est Raphaël Poirée qui dominait le classement mondial pendant les années 2000. J’étais jeune, mais ces personnes qu’on voit à la télé nous paraissent être des héros. Ma première grosse émotion vis-à-vis de la discipline en revanche est arrivée plus tard, je l’ai ressentie en regardant la victoire aux JO 2006 de Turin de Vincent Defrasne, c’est à ce moment-là que je me suis dit que ce qu’il avait réalisé avait l’air tellement beau, j’avais envie de vivre cette sensation.

L’esprit de compétition je l’ai eu dès le départ. Je n’ai jamais aimé perdre. Déjà à l’école j’étais mauvaise perdante et c’est toujours le cas. En évoluant dans une carrière sportive, j’ai dû développer tous les aspects techniques du biathlon, mais pas l’esprit de compétition. Je l’avais déjà.

J’ai toujours eu envie de faire du haut niveau. À travers le biathlon, je me suis sentie capable d’évoluer dans cette sphère. Avant de chausser des skis, j’ai fait d’autres sports comme l’athlétisme en demi-fond (du cross) ou du handball, mais mon épanouissement est survenu sur la neige, grâce à un sport pluridisciplinaire qui englobe le tir où la concentration est sacrée et le ski où à l’inverse c’est plus une histoire de physique. Deux états d’esprit, bien intégrés, qui permettent de faire une course réussie.

L’esprit de compétition je l’ai eu dès le départ. Je n’ai jamais aimé perdre. Déjà à l’école j’étais mauvaise perdante et c’est toujours le cas. En évoluant dans une carrière sportive, j’ai dû développer tous les aspects techniques du biathlon, mais pas l’esprit de compétition. Je l’avais déjà.

UNE ATHLÈTE QUI REBONDIT FACE AUX ÉCHECS

Depuis le début de la saison 2018-2019, les médias me demandent régulièrement pourquoi je ne joue pas le classement général. Pour être honnête, je ne peux pas prétendre vouloir “jouer un classement au général” en début de saison, c’est quelque chose qui se construit au fur et à mesure des compétitions, car il faut être sur le podium tous les week-ends. D’ici la fin de la saison pourquoi ne pas me donner cet objectif, mais honnêtement ce n’est pas un objectif que l’on peut annoncer dès qu’elle commence.

L’an dernier je me suis trompée en me disant absolument que je voulais une médaille olympique, mais j’ai réalisé que ce n’est pas parce que l’on veut que l’on y arrive. Je me suis perdue en voulant forcément aller chercher des médailles. Il m’a fallu quelque temps pour retrouver l’envie de courir à la fin de la saison passée.

Je suis dans un état d’esprit où lorsque je me donne un objectif c’est davantage une manière de faire plutôt qu’en termes de résultat. Je ne me dis pas “aujourd’hui je vais gagner” je me dis “aujourd’hui je vais faire le boulot et si c’est bien je gagnerais”. Annoncer un résultat c’est compliqué à mon sens.

Je sais que j’ai l’étiquette “d’athlète irrégulière”, mais je pense qu’être au top tout le temps ce n’est pas évident, personne ne peut être au top constamment. Pour moi, un athlète irrégulier c’est davantage rassurant. L’irrégularité fait partie du sport. Je rebondis beaucoup grâce aux échecs.

L’échec me construit j’ai besoin de me prendre des claques pour rebondir et l’irrégularité me permet de me remettre en question. J’apprends bien plus sur des échecs que sur des victoires.

Je ne suis pas quelqu’un qui stresse, mais je veux bien faire et je m’applique à le faire. Mon point fort c’est le tir et ça depuis quelques années, je m’appuie dessus et le ski c’est du progrès d’année en année. Je suis assez sereine, libérée et détachée. Sur chaque début de course, je n’ai pas de doute. J’ai confiance en ce que je fais.

L’OBJECTIF : ÊTRE CONSTANTE

Mon objectif pour cette saison serait quand même d’avoir plus de régularité dans mes courses. Rester au niveau le plus régulièrement possible et pour l’instant cette technique marche bien. S’appliquer, rester dans mes marques, faire des courses pleines. À chaque fois que je suis partie dans cette optique, le résultat était là.

Je ne suis pas quelqu’un qui stresse, mais je veux bien faire et je m’applique à le faire. Mon point fort c’est le tir et ça depuis quelques années, je m’appuie dessus et le ski c’est du progrès d’année en année. Je suis assez sereine, libérée et détachée. Sur chaque début de course, je n’ai pas de doute. J’ai confiance en ce que je fais.

Je prends les saisons comme elles viennent. J’ai l’impression de ne pas faire la même chose chaque année. J’ai besoin de tirer le bilan de chaque saison pour construire la suivante. Je ne prépare pas de la même façon chaque saison.

Depuis mai dernier, j’ai changé d’entraîneur. C’est Frederic Jean qui me suit. Il sait ce que je recherche dans mon entraînement, je lui ai dit que “je voulais être actrice de mon entraînement, que je voulais construire mon entraînement”. Je suis quelqu’un qui aime avoir beaucoup d’autonomie.

Je suis la seule de l’équipe féminine à ne pas avoir posé d’objectifs spécifiques en début d’année. Encore une fois, je suis vraiment dans une optique où je ne recherche pas d’objectif de résultat, j’affinerai ma performance au fur et à mesure de la saison.

Le niveau chez les femmes est hyper dense et élevé. C’est bien qu’il y ait du challenge pour la course au podium. Personne ne domine toutes les courses comme on peut le voir chez les hommes avec Johannes Thingnes Bø. C’est plus intéressant à mon sens. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle je ne pars pas jouer le classement. Je me définis comme une “outsider”. Nous sommes 15 filles à pouvoir jouer la victoire sur chaque course, et je pense en faire partie.

Mon objectif de la saison est de me classer dans les 15 premières pour pouvoir accéder à la Mass Start du Championnat du Monde, c’est la dernière course. Je ne veux pas me fatiguer à jouer le classement général si c’est pour arriver à cette échéance épuisée.

ANAÏS

avec la participation de Johana Wehbe

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