FOOT – GIRONDINS BORDEAUX : LA SAISON INFERNALE

Ce jeudi, une terrible nouvelle est tombée : les Girondins de Bordeaux ont été lâchés par leur actionnaire américain, King Street. Le club est endetté, notamment à cause de la crise sanitaire. Le président des Girondins, Frédéric Longuépée, a obtenu un mandat ad hoc pour sauver le club et a été contraint de demander à placer le club sous la protection du Tribunal de Commerce de Bordeaux. Cette situation économique instable des Girondins inquiète les supporters… D’autant plus que cela vient s’ajouter aux résultats catastrophiques du club !

Girondins Bordeaux : Un club en crise depuis déjà quelque temps

En février dernier, plusieurs centaines de supporters bordelais s’étaient réunis afin de réclamer la démission du président Longuépée. « Les Girondins de Bordeaux se meurent, ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes », disaient les supporters Ultramarines. Aujourd’hui, ces mots prennent encore plus de sens…

L’actionnaire majoritaire du club, qui avait investi à hauteur de 46 M d’euros dans le club, vient de se retirer. Bordeaux pourrait présenter un déficit de 80 M d’euros, en fin de saison. Les résultats du club sont catastrophiques : le maintien dans l’élite n’est toujours pas assuré, à 5 journées de la fin du championnat. Ajouté à cela le fait qu’une bonne partie de l’effectif bordelais sera en fin de contrat en juin prochain… La gestion du club est absolument désastreuse.

Elle semble loin l’époque dorée des Girondins ! La plus récente, en 2009, où le club remporte 3 trophées cette année-là : Ligue 1, Coupe de la Ligue et Trophée des Champions. Le club avait un effectif exceptionnel, et jouissait d’avoir dans ses rangs le Français Yoann Gourcuff, véritable maître à jouer de l’équipe, qui marchait littéralement sur la Ligue 1. Les Girondins pouvaient également compter sur son buteur marocain, Marouane Chamakh, dans la forme de sa vie dans ses dernières années bordelaises.

Dugarry, Lizarazu et Giresse (anciens joueurs Girondins Bordeaux) écœurés !

Cette nouvelle catastrophique a fait réagir les anciennes gloires du club. Tous font le même constat : cela était prévisible !

Bixente Lizarazu, joueur bordelais entre 1988 et 1996 a réagi sur Twitter, après l’annonce des Girondins : « Du début à la fin, cette histoire des Girondins est un scandale, une honte absolue… C’est inacceptable pour le football français… Je suis choqué, triste et écœuré… »

Christophe Dugarry, coéquipier de Lizarazu aux Girondins, a allumé la direction bordelaise, en direct, sur RMC : « Ce sont des ordures, les types qui étaient à la tête du club ! Ils ont tout fait pour couler le club, avec des décisions qui ont quasiment toutes été mauvaises. Longuépée va dégager, c’est ce qu’on attendait tous ! Il faut que tout ce beau monde dégage et qu’ils ne reviennent plus dans le football. Parce que ces gens sont appâtés par le gain et ils n’ont aucun scrupule à saigner les clubs. Ils veulent mettre ça sur le dos du Covid, mais ce n’est pas la faute des autres ou du hasard, c’est la faute à un mauvais travail ! Il faut revenir à des valeurs, des choses simples… »

Alain Giresse, joueur mythique du club, ayant évolué là-bas entre 1970 et 1886, a pris la parole sur l’équipe : « On pouvait s’y attendre. Le club était très fragile sur le plan financier. On va prier pour que les choses s’arrangent mais ils sont sur le fil du rasoir. On peut être inquiet. La situation est malsaine, catastrophique, dans un contexte où sportivement, on ne peut pas dire que la situation prête à l’optimisme. Les relations se sont complètement dégradées. Il faut une mobilisation autour du club pour essayer de limiter la casse mais je ne vois pas comment on va pouvoir éviter le pire. »

Yacine Adli met les choses à plat !

Le milieu de terrain des Girondins, formé au PSG, évoque les relations entre les joueurs du vestiaire… Les nerfs sont évidemment plus tendus avec cette crise que traverse le club. Mais pas de quoi s’inquiéter, d’après Adli : « Certains n’ont pas de rapports joviaux, dans le sens où ils n’iraient pas en vacances ensemble, mais il y a toujours eu du respect entre les joueurs. Il n’y a pas de clan, on n’est pas dans Koh Lanta ! »

Si Adli prend la parole sur les relations internes aux seins du club, et au sein du vestiaire, ce n’est pas la première fois. Il y a quelques mois, le milieu bordelais évoquait déjà cette situation compliquée en interne, liée à la gestion désastreuse de la direction du club.

« A tous les niveaux, il manque quelque chose pour prétendre jouer un peu plus haut dans le tableau. On est les Girondins de Bordeaux ! Mais pour être une équipe du haut de tableau, il faut qu’à tous les étages, on se dise « On va jouer le haut de tableau ! ». Et pour cela, il faut être exigeant, dans le travail quotidien ! Aujourd’hui, vous voyez l’effectif, tout le monde le connaît. On a beaucoup de joueurs en fin de contrat (Ben Arfa, De Préville, Sabaly). Il y a beaucoup de conflits internes, externes… Et ça crée de mauvaises ondes, des ondes négatives, qui font que tu ne peux pas jouer le haut de tableau. Il faut se rendre à l’évidence ! Mais si tout le monde se serre les coudes, peut-être… Mais on ne sent pas cette osmose, en vérité. », disait Adli en février dernier.

Girondins Bordeaux : La statistique qui fait mal !

Sur le terrain, les Girondins sont aux abois ! Sur les 13 derniers matchs du club, les Girondins de Bordeaux ont perdu 11 matchs ! (10 en Ligue 1 – une en Coupe de France)

La série en cours est catastrophique… Mais la saison en général est catastrophique :  le club est 16ème du championnat, avec 17 défaites en 33 matchs ! Le club n’a pris que 36 points, à 5 journées de la fin : c’est le pire total de l’histoire des Girondins depuis la saison 1995/1996. La défense bordelaise est aux abois puisque sur leurs 4 dernières rencontres, ils ont encaissé 13 buts (soit plus de 3 buts en moyenne, par match).

La situation des Girondins de Bordeaux est un exemple de tout ce qu’il se passe dans un club lorsque la gestion est très mauvaise : entre crise économique, crise des supporters, mauvais résultats et tensions dans le vestiaire…

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Nicolas PARANT