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Comme un gouffre d’émotions. Le public français a vécu des émotions contrastés aujourd’hui, lors de la 7e étape du Tour de France, la première pyrénéenne. Elle a vu Nans Peters se révéler au grand public en remportant sa première étape, pour sa première participation à la Grande Boucle. Cela aurait du être l’apothéose d’un Tour de France en totale réussite pour les Français, deuxième victoire d’étape en sept jours et un Guillaume Martin toujours autant en feu.

Malheureusement et encore une fois, notre coeur à saigné. Encore une fois devant la défaillance de Thibaut Pinot. Le Franc-Comtois à une nouvelle fois craqué. Plus de vingt minutes concédés sur les favoris et des illusions qui s’envolent. Cette fois-ci peut-être définitivement. A trente ans, c’était peut-être la dernière chance pour lui de briller sur la Grande Boucle, lui qui avait fait naître tant d’espoir après une édition 2019 pleine de promesses. Sans doute trop tard quand on voit la nouvelle génération incarnée par Egan Bernal et Tadej Pogacar, sans oublier un Primoz Roglic qui semble caresser les pédales. Triste de voir un coureur d’une telle classe ne pas concrétiser toutes les promesses. Triste de voir un mec aussi bosseur ne pas tirer les fruits de son investissement. On le voit se faire violence, lui le discret, pour prendre la lumière et assumer la pression. Qui semble définitivement trop grande pour lui.

On va rire devant la performance de marque de Nans Peters, 26 ans, qui a fait la nique à un Ilnur Zakarin. Et à la pédale s’il vous plait. Il confirme, un an après sa victoire d’étape sur le Tour d’Italie. Qui, définitivement, n’avait rien du hasard. Oui la France a un réservoir de coureurs de talent dont Nans Peters en est un porte étendard formidable. Un coureur qui ne cesse de progresser et qui peut aspirer à d’autres grandes victoires dans le futur.

Mais voilà, ce soir, nous sommes tous schizophrènes. Mi-heureux, mi-flagellé sur notre canapé devant tant d’émotions contrastées. Une envie de rire et une envie de pleurer qui nous tiraille.

Le cul entre deux chaises.

Etienne GOURSAUD