Il y a une phrase qui revient partout. Dans les cafés. Sur WhatsApp. Dans les open spaces.
— « Ça va ? »
— « Oui, oui, tranquille. »
Mensonge poli. Mensonge collectif. Mensonge presque affectueux.
Car si l’on gratte à peine la surface, une autre vérité apparaît : beaucoup de gens vont mal. Fatigués. Usés. À bout de nerfs. Et pourtant, tout le monde continue de jouer la comédie. Comme si la société avait signé un pacte tacite : souffrir, oui – mais en silence.
La grande fatigue invisible
Nous vivons à une époque étrange. Objectivement, nous avons plus de confort que jamais. Chauffage, livraison à domicile, GPS, podcasts de développement personnel et méditation guidée en 12 minutes. Et pourtant, la fatigue est partout. Une fatigue sourde. Persistante. Sans cause précise, donc impossible à soigner.
Ce n’est pas seulement le travail. Ce n’est pas seulement l’argent. Ce n’est pas seulement l’actualité anxiogène.
C’est l’accumulation.
Tout est urgent. Tout est important. Tout est à optimiser. Son corps, son couple, sa carrière, son sommeil, son alimentation, ses loisirs, son image. Même le repos est devenu une tâche à accomplir correctement.
Alors on s’épuise. Mais on continue. Parce que s’arrêter, ce serait admettre que quelque chose ne tourne pas rond.
Faire semblant, une compétence sociale
Faire semblant est devenu une compétence essentielle. Comme savoir répondre à un mail ou utiliser Excel. On apprend très tôt à sourire quand ça tangue à l’intérieur. À dire « ça va » quand ça ne va pas. À publier une photo joyeuse pendant qu’on lutte pour sortir du lit.
Pourquoi ? Parce que montrer ses failles coûte cher socialement.
Dans beaucoup de milieux, admettre qu’on va mal, c’est risquer d’être perçu comme fragile. Peu fiable. Trop sensible. Pas assez solide. Le monde professionnel adore les gens résilients, tant que leur résilience ne dérange personne.
Résultat : on se tait. On encaisse. On serre les dents.
Le bonheur obligatoire
Autre paradoxe : jamais le bonheur n’a été aussi valorisé… et jamais il n’a été aussi oppressant. Être heureux n’est plus un désir, c’est une injonction. Une obligation morale.
Si vous n’êtes pas épanoui, c’est que vous vous y prenez mal. Mauvais mindset. Mauvaises habitudes. Mauvaise attitude. Il suffit pourtant de se lever plus tôt, boire de l’eau tiède citronnée et “lâcher prise”.
Ce discours transforme la souffrance en faute personnelle. Et donc, encore une fois, on cache. Parce que personne n’a envie d’être celui ou celle qui n’y arrive pas.
S’évader, même brièvement
Face à cette pression constante, chacun développe ses petites stratégies d’échappatoire. Certaines sont socialement acceptées – le sport, les séries, les voyages. D’autres plus discrètes. Mais toutes ont un point commun : offrir une pause mentale.
C’est dans ce contexte que le divertissement en ligne a explosé. Pas par frivolité, mais par besoin de respiration. Quand la réalité devient trop lourde, on cherche un espace où les règles sont simples, les objectifs clairs, et les soucis temporairement suspendus.
À ce titre, des plateformes comme Playamo se sont installées dans les habitudes numériques de nombreux adultes. Pas comme une solution miracle, mais comme une parenthèse ludique, un moment hors du flux anxiogène. Pour certains, explorer un casino en ligne au Canada via une interface immersive https://www.playamo.com/fr-CA permet justement de décrocher, de se concentrer sur autre chose que les notifications et les mauvaises nouvelles.
Ce n’est ni une fuite honteuse, ni un remède universel. Juste un symptôme d’un monde où l’on cherche, parfois maladroitement, à souffler un peu.
Le collectif fatigué
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est que cette lassitude n’est pas individuelle. Elle est collective. Générationnelle. Presque culturelle.
On le sent dans les conversations. Dans l’humour plus sombre. Dans le cynisme doux-amer. Dans cette impression que tout est trop, mais qu’il faut quand même continuer.
Et comme tout le monde fait semblant, chacun croit être seul à ressentir ce malaise. Alors que c’est l’inverse : presque tout le monde est concerné.
Pourquoi on continue quand même
Alors pourquoi continuer à faire semblant ?
Parce que la vie continue, tout simplement. Parce qu’il faut payer le loyer. S’occuper des enfants. Répondre aux messages. Avancer, même en pilotage automatique. Parce que s’arrêter pour réfléchir fait parfois encore plus peur que d’avancer fatigué.
Et aussi parce que, malgré tout, il reste des moments de lumière. Des éclats. Des rires imprévus. Des soirées sans enjeu. Des conversations honnêtes, parfois à deux heures du matin.
Peut-être que le vrai problème, ce n’est pas d’aller mal
Peut-être que le vrai problème, ce n’est pas que tout le monde aille mal.
C’est que tout le monde se sente obligé de le cacher.
Si l’on acceptait davantage la fatigue, le doute, la lassitude – non comme des échecs, mais comme des états humains normaux – alors le masque tomberait un peu. Et avec lui, une partie de la pression.
En attendant, on continue. On fait semblant. On sourit. On avance.
Et parfois, rien que le fait de lire ces lignes et de se dire « je ne suis pas seul » est déjà un petit soulagement.