Rémy “XTQZZZ” Quoniam – Coach

Counter-Strike Global Offensive : #Team Vitality #Ancien caster ESL France  #Ancien Melty, Red Instinct, Katrina, Mistral.EGG, Remake, Webspell.

Les progamers ont beau être le coeur de l’esport , ils ne sont pas les seuls à faire rayonner nos disciplines préférées. Plongez dans les coulisses du sport électronique professionnel en découvrant les histoires de dirigeants, de coachs, du staff médical, des fans…

Le Major de Katowice, le plus grand événement dans l’univers de CS GO vient de débuter. XTQZZZ, coach de la stucture française Vitality, nous fait part de sa vision sur son équipe et ses joueurs qui abordent cette compétition avec ambition. (Crédits photos : Team Vitality).

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Si j’entendais parler de Vitality depuis quelques années grâce à leurs résultats sur Call Of Duty ou par certaines de leurs têtes d’affiche comme Gotaga, je n’avais finalement pas une grande connaissance de cette structure.

Quand j’ai vu arriver cette nouvelle line-up, j’ai surtout pensé aux joueurs. C’était la dernière chance à saisir pour beaucoup d’entre eux après avoir été bench ou sans équipe depuis quelques mois. Il y avait cette impression que la scène française avait eu beaucoup de patience avec eux et que ça n’allait pas durer éternellement.

D’un autre côté, j’étais très curieux de voir ce que pouvait faire ce mix d’anciens avec l’espoir Zywoo qui avait une telle faim sur le jeu.

J’ai eu du mal à juger leurs premiers matchs avant mon arrivée, car ils ont rarement joué des équipes de haut-niveau. Tu peux souvent avoir cette impression que tu joues bien, avec de bonnes phases, alors que c’est seulement la faiblesse de l’opposition qui te le permet.

COACH, UNE MISSION QUI CORRESPOND À MA PERSONNALITÉ

Alors que j’étais en stand-by après l’arrêt de mon activité de caster chez ESL, Nathan (NBK) m’a contacté pour me parler de leur projet et de ses attentes. Il connaissait déjà ma personnalité et mes méthodes.

Ils avaient ce besoin de quelqu’un qui les pousse à 100 %, à être à fond à chaque instant.

De mon côté, je ne pouvais pas refuser un nouveau challenge surtout quand il est ambitieux comme celui-là. Une carrière dans l’esport ne dure pas éternellement et avec mes 30 ans au compteur et un vécu important dans le monde professionnel et personnel, j’étais prêt.

Même si tu travailles pour une telle structure et avec des grands joueurs, la fierté ne viendra vraiment qu’avec de bons résultats. Nous ne sommes encore qu’au point de départ.

Coach, c’est ce qui correspond tout simplement à ma personnalité. Certaines caractéristiques du poste ont toujours été en moi : bosseur, échanger avec les autres, volonté d’apprendre et de prendre le meilleur de chacun.

J’adore cette dynamique de groupe, c’est pour cette raison que je suis dans l’univers de CS depuis tant d’années.

Mes années de cast chez ESL ont aussi pu me donner une grande connaissance du jeu de nos adversaires et m’ont permis d’étoffer mes connaissances sur le jeu. J’ai tellement vu de matchs que par moment je peux me souvenir d’actions qui se sont déroulées 6 mois plus tôt.

LA RIGUEUR EST LA CLÉ POUR PERFORMER

Certains d’entre vous vont peut-être être surpris, mais ce que j’apporte le plus est la rigueur nécessaire que doit avoir un joueur professionnel. Il y a tellement de paramètres à respecter comme le sommeil, l’hygiène de vie, l’état d’esprit avant un match ou durant les phases d’entraînements.

Forcément tout ça se met en place progressivement, mais les gars sont aujourd’hui dans cette éthique de travail qui influera sur nos résultats. Bien évidemment, le rôle d’un coach est aussi important sur les aspects techniques et tactiques du jeu. Mais il était important pour moi de souligner cette approche qui nous rendra plus forts et pas uniquement sur le jeu.

L’arrivée d’ALEX participe à cette envie globale, car avec lui nous avons désormais 5 joueurs sur la même longueur d’onde. Il ne peut pas y avoir de doutes entre coéquipiers sur ce point. Quand vos seuls problèmes sont sur les phases de jeu, il y a toujours une solution qui peut être trouvée.

L’arrivée d’ALEX participe à cette envie globale, car avec lui nous avons désormais 5 joueurs sur la même longueur d’onde. Il ne peut pas y avoir de doutes entre coéquipiers sur ce point. Quand vos seuls problèmes sont sur les phases de jeu, il y a toujours une solution qui peut être trouvée.

Pour respecter cette nouvelle organisation, nous avons donc mis en place quelques règles comme le fait de se lever à la même heure avant un match en LAN, de prendre notre petit-déjeuner ensemble et d’avoir une sortie en commun pour s’aérer l’esprit. Ce sont des choses qui peuvent paraître bêtes, mais elles ne sont pas appliquées partout alors que c’est primordial dans la réussite d’une équipe. Il est indispensable pour le joueur d’avoir cette routine, collective, mais aussi individuelle pour se concentrer avant un match.

Je n’invente absolument rien. En bon fan de sport, j’essaie de nous rapprocher de ce que les clubs pros peuvent faire. C’est de cette manière que la cohésion va se créer et qu’ils auront un état d’esprit guerrier avant une rencontre.

J’AI HÂTE DE NOUS MESURER AUX MEILLEURES ÉQUIPES MONDIALES

Coach, c’est être un leader.

Sans ça, son message ne peut être écouté.

Avec tout l’aspect hiérarchique que cela implique. Je fais vraiment en sorte qu’il existe une distance entre mes joueurs et moi, même si nous passons ensemble de bons moments. Quand il faut discuter sérieusement, tout est clair.

Les joueurs ont eux une personnalité qui est finalement identique dans leurs deux vies. Leurs actions et leurs comportements sur le serveur sont assez proches. On peut voir que ZywOo n’a peur de rien et évolue avec beaucoup de légèreté sur CS et il est exactement pareil en dehors du jeu. Un RpK qui est une machine assez discrète est un nounours dans la vraie vie. apEX a ce côté chien fou dans le jeu et dehors il est complètement en roue libre.

Pour mes acolytes du staff, WiPR et Zuper, je n’ai pas été non plus étonné dans leur nouveau rôle. Grand professionnalisme chez le premier et énorme travailleur chez le second comme à l’époque d’ESL.

C’est maintenant l’heure du Major. Si ça marche, ce sera grâce à tout ce qui a été fait depuis quelques semaines dans nos matchs, nos entraînements, notre mentalité… On sait qu’on peut faire mal à tout le monde, mais il ne faut pas oublier que ça va dans les deux sens.

Je ne fais pas partie de ceux qui clament qu’il faut passer le premier tour ou être « Legend ». C’est une pression inutile. Mon seul principe est de vouloir aller le plus loin possible. Ne pensez pas que c’est bateau et pas ambitieux, nous le sommes.

En tant que coach, j’ai hâte de voir si tout ce qu’on a travaillé va marcher contre les meilleures équipes du monde. Nous avons cette envie de voir comment elles vont faire face à notre jeu et comment nous allons y réagir.

Même s’il n’y a pas que des victoires, l’important pour moi va être de confirmer si nous allons dans la bonne direction. Nous ne sommes qu’en début de saison.

2018 était pour moi un sacre personnel avec mon mariage et l’arrivée de mon premier enfant.

J’espère que 2019 sera un sacre professionnel.

XTQZZZ